Action de la dreissène sur l’intégrité de parasites protozoaires : apport pour l’évaluation de la qualité sanitaire de l’eau (projet DISPEAU)
Les scénarios de changements globaux prévoient une augmentation du risque de maladies liées à la contamination microbiologique des eaux qu'elles soient de surface ou souterraines, destinées à des usages récréatifs, de consommation ou d'irrigation. Parmi ces dangers microbiologiques, les parasites protozoaires Toxoplasma gondii et Cryptosporidium spp. représentent des dangers majeurs en santé. La surveillance des milieux aquatiques et la détermination du niveau de viabilité des pathogènes sont donc essentielles pour évaluer le risque sanitaire et pour protéger la santé humaine et animale. De nombreuses études ont souligné l’intérêt d’utiliser les mollusques bivalves comme espèces sentinelles des milieux aquatiques. Nos précédentes études ont démontré la capacité du bivalve filtreur Dreissena polymorpha à bioaccumuler les oocystes de T. gondii et Cryptosporidium parvum présents dans l’eau.
Le projet de thèse ambitionne de répondre à ces hypothèses en :
1) Améliorant le taux de récupération et de détection des protozoaires dans les tissus des dreissènes. Différentes approches pourront être testées : immunomarquage, lyse mécanique et isolement des acides nucléiques.
2) Evaluant l’impact du système immunitaire et du système digestif de la dreissène sur la viabilité et la dégradation des protozoaires.
L’action du système immunitaire de la dreissène sera évaluée en exposant directement les cellules hémocytaires aux protozoaires de manière statique (microscopie, cytométrie) et dynamique (microscopie associée à la microfluidique). Cette stratégie originale permettra de mettre en évidence de nouveaux proxys d’interaction hémocyte-protozoaire.
L’effet des acteurs de la digestion sera suivi grâce à un test in vitro qui permettra de révéler de nouveaux indicateurs de dégradation et de déterminer si cette dernière est principalement liée à des mécanismes de défense ou de digestion. Une exposition in vivo de bivalves aux doses environnementales d’oocystes de T. gondii et Cryptosporidium sera également réalisée dans l’objectif de mesurer l’activité des enzymes digestives et de suivre les protozoaires dans les différents compartiments (glande digestive, hémocytes, fèces, eau).
Ce travail permettra de déterminer le rôle de la dreissène dans la dégradation des protozoaires et contribuera à évaluer son potentiel pour la surveillance et la bioremédiation des masses d’eau. En apportant une meilleure compréhension des mécanismes de persistance et de dégradation de protozoaires pathogènes dans l’environnement aquatique, le projet DISPEAU pourra ouvrir la voie à l'élaboration de nouvelles stratégies efficaces de contrôle et d'évaluation du risque sanitaire.
Université de Reims Champagne-Ardenne
UFR Sciences Exactes et Naturelles
Campus Moulin de la Housse
Bâtiment 18
51100 Reims